Dimanche 11 novembre à 11h, les cloches sonneront 11 minutes dans tout le pays

Nous vous invitons à venir partager ce moment solennel de l’histoire de notre pays sur la place de la Ramade à Saint-Brès. Distribution des petits drapeaux aux enfants des écoles et vente du bleuet de France par le Souvenir Français pour cette belle cérémonie.

100 ans après la signature de l’armistice de 1918, toutes les communes de France sont invitées à faire sonner les cloches « à la volée » le 11 novembre à 11h. Un événement très rare dans l’histoire et riche de sens.

11 novembre 1918, 5h du matin. L’armistice est signé au carrefour de Rethondes, dans la forêt de Compiègne. Au fur et à mesure que la nouvelle se répand, les cloches des églises se mettent à sonner à la volée dans toutes les communes de France. On rapporte même que certaines sonnèrent si fort et si longtemps qu’elles se fêlèrent ! Pour commémorer cette grande émotion nationale, 100 ans plus tard, toutes les cloches de France sonneront à nouveau à l’unisson, à 11 heures.
Un événement d’autant plus symbolique que durant la Grande Guerre, comme dans la plupart des guerres depuis le XVIe siècle, de nombreuses cloches ont été victimes de réquisitions pour servir à l’industrie de l’armement.

Les cloches régies par la loi de 1905

En France, sonner les cloches à la volée pour des raisons civiles est un fait relativement rare. Au XXe siècle, elles ont sonné le 8 mai 1945, pour célébrer la fin de la Seconde Guerre mondiale. Récemment, dans des circonstances autrement moins tragiques, à moins grande échelle et sur initiative locale, on les a entendu le 15 juillet 2018 après la victoire des Bleus lors de la finale de la coupe du monde de football. Au lendemain de l’attentat contre Charlie Hebdo, au mois de janvier 2015, c’est le glas – une sonnerie lente et répétitive marquant le deuil – qui avait résonné à Notre-Dame de Paris et dans d’autres églises de France pendant la minute de silence nationale.

Glas, tocsin, volée… Autrefois, la vie quotidienne était rythmée par le son des cloches.

De façon générale, le régime juridique des sonneries des cloches des églises est fixé par la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État. « Les sonneries des cloches seront réglées par arrêté du Maire, et, en cas de désaccord entre le Maire et le curé, par arrêté préfectoral », dispose le texte de loi. Le maire doit alors distinguer les sonneries civiles des sonneries religieuses. Les premières relèvent du propriétaire de l’édifice, donc dans la plupart des cas du maire ou du préfet. Il s’agit principalement des heures et du tocsin (qui a laissé place aujourd’hui aux sirènes). Les secondes relèvent du pouvoir religieux local (curé ou recteur). Messes, baptêmes, mariages, enterrements…

Les cloches s’adaptent à chaque cérémonie pour signaler la tristesse ou les réjouissances, et selon les coutumes locales. Le glas – tinté ou romain (alternance entre volée et tintement sur plusieurs cloches, plus répandu dans l’ouest de la France) – annonce un enterrement. Lors de la mort de Jean Paul II, en 2005, toutes les églises d’Europe avait sonné un glas tinté de 80 coups. Plus récemment, le 15 aout 2015, une cinquantaine de diocèses l’ont fait sonner pour commémorer l’exode des chrétiens d’Irak après l’invasion de la plaine de Ninive par Daech, un an avant.
Qu’importe le vacarme, le 11 novembre 2018, les cloches donneront de la voix pour célébrer la paix, ressuscitant au passage des pans entiers de la mémoire sonore collective.